vendredi 8 octobre 2010

Description de la mission
















Notre projet (Ludo et Ginie) de départ à Samsø (Danemark) avait comme objectif de faire un reportage sur les énergies renouvelables...

Nous partons du principe qu'une idée vraie, si l'on s'en contente perd de sa vérité !

Nous avons parcouru en 6 jours 4000 Km au départ de Belle-île en mer jusqu' à l' île de Samsø au Danemark aller retour.
Afin de voir de nos yeux cette île pleine de charme avec ses avantages et ses défauts.
Nous avons pu rencontrer les principaux acteurs de cette nouvelle aventure énergétique, trouvant notre démarche personnelle inhabituelle et intéressante pour l'avenir, ce qui nous a permis tels des reporters d'avoir accès aux diverses installations et de pouvoir repartir avec environ 900 photos valables et des notes sur le sujet.

Nous tenons bien à vous signaler que nous n'appartenons à aucune organisation politique, écologiste ou autre, démarche tout à fait indépendante d'une pensée partisane.

Nous avons organisé notre voyage dans un but personnel pour informer les habitants de Belle-île et d'ailleurs, qu'il existait une cousine plus au nord de notre île ( avec 4200 habitants à l'année) qui a développé une autonomie énergétique.
Cette île, nous l'avons découverte à travers les informations récoltées dans la presse et sur internet, mais nous voulions ramener de l'info objective lambda pour créer un échange par notre témoignage et peut-être créer un lien avec les acteurs de ces technologies qui sont en amélioration constante.

D'un point de vue écologique, Samsø c'est pas le paradis, il y a une volonté d'autonomie énergétique mais qui n'a aucun rapport (pour eux) avec leur environnement (2 agriculteurs biologiques). Cependant ils commencent à prendre conscience que "leur habitude"d'agriculture intensive, n'est peut-être pas la meilleure chose qui soit...
Nous avons aussi des infos et témoignages d'habitants de Samso qui sont conscients que leur agriculture intensive a détruit la faune aquatique, phosphates et pesticides ont eu raison des derniers pêcheurs Pro,
il y a peu de temps.

En ce qui concerne les véhicules il y a aussi une volonté à changer les mauvaises habitudes, des projets sont en cours...
Nombreux agriculteurs utilisent du bio carburant mais seulement pour leurs machines agricoles, car leur voiture fonctionne au diesel:-(

Nous avons la volonté de faire passer l'info, nous créerons un site et organiseront des expos gratuites!
Pour montrer que c'est possible de vivre avec notre temps et de baisser le plus possible notre impact sur l'environnement grâce aux énergies renouvelables.
Il suffit de bonnes volontés, de se réunir et d'agir ensemble pour modifier nos comportements et de choisir les nouvelles technologies qui s'offrent à nous, les mieux adaptées au lieu et aux habitants.
C'est une urgence écologique pour les générations futures!

Nous proposerons à la vente de photos et des cartes postales (afin de nous aider à communiquer l'info)...

Ludo & Ginie.

jeudi 15 octobre 2009

L'énergie Verte

L’énergie verte est un terme employé pour décrire les sources d'’énergie qui sont considérées favorables à l’environnement et non polluantes, comme le vent, le solaire, l'eau ...
Les sources d’énergie vertes sont souvent dites durables car leurs émissions de gaz ont une plus faible teneur en carbone et créent moins de pollution.
Les consommateurs, les entreprises, et les organismes peuvent acheter de l’énergie verte afin de soutenir le développement futur, aider à réduire les conséquences de la production d’électricité conventionnelle sur l’environnement , et augmenter l’indépendance énergétique de leur nation. Les certificats d’énergie renouvelable (les certificats verts ou les étiquettes vertes) sont une manière pour des consommateurs et entreprises de soutenir l’énergie verte.

Article Ouest France du 06 Octobre 2009




mercredi 14 octobre 2009

Le Vent



L’énergie éolienne contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, car son processus de production électrique ne génère ni déchet ni gaz à effet de serre. Elle contribue également à l’indépendance énergétique du pays, car elle injecte sur le réseau l'énergie qu’elle a produit en convertissant la ressource naturelle du vent, disponible en quantité illimitée à l’échelle humaine.
Ainsi, chaque kWh éolien produit permet d’éviter l’émission de gaz à effet de serre issus de la consommation d’une énergie fossile.













Comme les moulins à vent du passé, les éoliennes génèrent des forces mécaniques ou électriques.
Les pales du rotor des grandes éoliennes ou aérogénérateurs captent l’énergie cinétique du vent et entraînent un générateur électrique pour produire des kilowattheures propres et renouvelables. Une éolienne de nouvelle génération développe en général une puissance d’environ 2 MW (2 millions de watts). Chaque machine de 2MW est capable d’alimenter environ 2 000 foyers (hors chauffage).
Avec les grandes éoliennes branchées sur le réseau, comme avec la grande hydraulique, on produit des kilowattheures propres et renouvelables.













Comment produit-on de l’électricité avec une éolienne ?
Une éolienne est constituée d’un rotor à 2 ou 3 pales, d’un système de transmission mécanique directe ou à multiplicateur et de circuits de gestion du courant (régulateur, onduleur, etc., selon le type de machine). L’ensemble se trouve dans la nacelle posée sur le mât, ou la tour, de l’éolienne. Le vent fait tourner les pales qui entraînent le générateur électrique, d’où l’appellation aérogénérateur pour désigner les éoliennes qui fabriquent de l’électricité. Le courant produit est rendu compatible avec le réseau de distribution qui le reçoit. Tous les éléments d’un aérogénérateur font appel à ce que la technologie offre d’aujourd’hui de mieux. Ainsi les pales ont-elles des profils et des matériaux issus de l’aéronautique. Quant aux parties électriques, leur rendement avoisine souvent 100 %, les pertes étant plutôt d’origine mécanique (frottements, rendements des engrenages, etc.). Globalement, les aérogénérateurs sont des machines qui affichent un bon rendement, puisqu’elles sont en mesure de transformer en électricité 30 à 50 % de l’énergie du vent.

L’énergie éolienne est-elle compétitive ?
Avec l’augmentation du prix du pétrole et du gaz, le coût de l’électricité issue des parcs éoliens devient de plus en plus compétitif. Et on estime qu’en 2010 les tarifs de l’éolien ne seront pas plus élevés que celui du kilowattheure des centrales à gaz optimisées. Autre source d’économie : la taille croissante des machines, qui en réduit le nombre pour un site donné. L’expérience et de nouvelles techniques abaisseront sans doute encore les coûts. Sans oublier l’apparition possible de taxes sur les énergies polluantes, ce qui modifiera la situation… en donnant sans doute un nouveau souffle à l’éolien.

Quelles sont la taille et la puissance d’une éolienne ?
Les éoliennes couramment installées aujourd’hui font entre 1,5 et 3 MW. Une machine de 2 MW a un rotor de 70 à 90 m de diamètre et la nacelle est perchée sur un mât de 60 à 100 m de hauteur. Hauteur maximale de la pointe d’une pale : entre 100 et 140 m au dessus du sol ! Les machines de demain seront encore plus puissantes. Quelques éoliennes de 4,5 MW, 5 MW et 6 MW sont déjà installées, en Allemagne notamment. Plusieurs projets de parcs avec ces machines multi-mégawatts sont en cours, pour des installations sur terre et offshore. En France, vers Fécamp (Seine-Maritime) un projet de parc éolien constitué de 60 éoliennes, représentant une capacité de production d'électricité de 300MW (soit la consommation hors chauffage de quelque 800 000 habitants. Le chantier devrait mobiliser une centaine de personnes pendant plus de 2 ans. La mise en service de la ferme, est prévue pour 2013 et débouchera sur la création d'une quinzaine d'emplois directs. Sur terre, un projet à l’étude prévoit d’implanter deux éoliennes de 5 MW entre Nantes et Saint-Nazaire. À horizon plus lointain, les constructeurs et les chercheurs planchent sur des machines de 8, 10 voir 15 MW. On note une tendance à préférer des machines plus puissantes en moins grand nombre pour une installation donnée.

Quelle est la production d’un parc ?
La production d’un parc éolien dépend de la qualité de vent du site. En moyenne, les sites français produisent 2 300 heures par an sur les 8 760 heures que compte une année. Pour donner un ordre d’idée, la production d’un parc de 10 MW, soit 4 éoliennes de 2,5 MW, correspond aux besoins d’électricité domestique hors chauffage de 5 650 foyers, soit près de 15 000 personnes.
Peut-on installer des éoliennes n’importe où ?
L’installation d’un parc éolien est soumise à des règles strictes pour concilier le développement de l’énergie éolienne et la protection du paysage et de l’environnement. Sont ainsi requis depuis les lois de janvier 2003 et juillet 2005 :
  1. un permis de construire pour les aérogénérateurs de plus de 12 m de haut, soumis pour avis à la commission départementale des sites, perspectives et paysages ;
  2. une étude d’impact quand la hauteur de mât des éoliennes dépasse 50 m, une notice d’impact pour les projets de moins de 50 m ;
  3. une enquête publique quand la hauteur de mât des éoliennes dépasse 50 m.
Les développeurs de projets éoliens font généralement appel à des paysagistes pour déterminer l’implantation des aérogénérateurs la mieux intégrée au site. De plus, pour que les propriétaires d’un parc puissent bénéficier du tarif d’achat de l’éolien, celui-ci devra désormais être situé dans une zone de développement de l’éolien (ZDE). Et les communes qui élaborent les ZDE prennent en compte la protection des paysages, des monuments historiques et des sites remarquables et protégés.

Qu’est-ce qu’une zone de développement de l’éolien ?
Une zone de développement de l’éolien (ZDE) désigne un territoire situé sur une ou plusieurs communes, propice à l’implantation de parcs éoliens. Ce nouvel outil a été mis en place par la loi d’orientation sur l’énergie de juillet 2005. Il est particulièrement important puisque, désormais, pour les nouvelles constructions d’éoliennes, seules celles réalisées dans une ZDE pourront bénéficier de l’obligation d’achat. Avec les ZDE, ce sont les collectivités locales qui prennent en main le développement de l’éolien sur leur territoire et qui fixent les seuils de puissance.
Concrètement, la création d’une ZDE est proposée au préfet par la ou les communes concernées. Pour ce faire, elles doivent évaluer le potentiel éolien, définir un périmètre géographique et les seuils de puissance minimum et maximum pouvant y être développés. Tout en prenant en compte la protection des paysages, des monuments historiques et des sites remarquables et protégés. Après concertation avec les services de l’État et les collectivités, le préfet valide ou non la ZDE. Pour les développeurs, le système permet d’identifier les sites où les projets de parcs seront réalisés plus rapidement.

Un particulier peut-il installer son éolienne ?
Sur un terrain venté, à l’écart des habitations avec une ligne électrique proche, un particulier peut envisager d’installer une éolienne qu’il financera lui-même. Il existe des éoliennes de faible puissance (moins de 50 kW) mieux adaptées aux capacités de financement des particuliers que les machines de moyenne et grande puissance. Près de 130 machines de ce type sont déjà installées en France. Il faut compter entre 8 000 et 20 000 euros pour l’installation complète d’une éolienne de 0,9 à 20 kW. Somme à laquelle il faut retrancher le crédit d’impôt dont peut bénéficier le particulier, qui s’élève à 50 % du coût du matériel. Cet “éolien de proximité” présente l’avantage d’être une production électrique décentralisée, qui alimentera les consommateurs des environs par le réseau électrique de distribution.






























Peut-on installer des éoliennes en mer ?
Aujourd’hui encore peu développé, l’éolien offshore a un avenir très prometteur. En mer, les vents sont “purs” (importants et réguliers) et on sait bien gérer les problèmes d’installation et de maintenance, grâce à l’expérience acquise avec les plates-formes pétrolières. De plus, on dispose d’espace pour installer des éoliennes puissantes en grand nombre : un parc offshore peut rassembler plusieurs dizaines, voire centaines d’éoliennes géantes.
À travers le monde, plus de 730 MW étaient installés fin 2005. L’un des parcs les plus connus est celui de Horns Rev au Danemark, avec 80 éoliennes de 2 MW.
L’offshore démarre aussi en France. Après un premier parc éolien prévu au large de la côte d'Albâtre en 2009, un second parc pourrait voir le jour au large du Calvados en 2011.

Quel est l’effet d’une éolienne sur l’environnement ?
Difficile de trouver plus “écologique” qu’une éolienne pendant son fonctionnement : pas d’émission de gaz, pas de particules. Même chose pour le sol : pas de déchets, pas d’effluents, aucun rejet, pas d’influence sur la qualité de l’air. L’énergie propre par excellence.
Si on ne souhaite pas remplacer une éolienne en fin de vie, on peut la retirer aussi discrètement qu’elle est arrivée et qu’elle a vécu : démontage et transport faciles, remise en état très rapide du site compte tenu de la faible emprise au sol. De plus, l’opérateur d’un parc éolien a obligation de constituer des réserves financières en cours d’exploitation afin de garantir la remise en état du site. Comparé à des installations dont le démantèlement implique des opérations longues et coûteuses, l’éolienne présente un bilan écologique favorable.

Les éoliennes sont-elles dangereuses pour les oiseaux ?
Le taux de collision est faible (entre 0,4 et 1,3 oiseau tué par éolienne et par an, en moyenne) et sans commune mesure avec la mortalité liée à la circulation routière, les lignes électriques ou encore les baies vitrées. Oiseaux et éoliennes peuvent cohabiter à condition de respecter certaines règles d’implantation : éviter les sites sur des trajets migratoires, à proximité des zones d’espèces rares ou menacées, rendre les machines bien visibles, etc. Et puis les animaux ne sont pas si bêtes. En réalisant des enquêtes de suivi sur plusieurs parcs éoliens, les ornithologues ont noté que les oiseaux adaptent leur comportement en contournant ce nouvel élément du paysage. Chaque projet s’étudie néanmoins avec le concours de spécialistes, de la Ligue pour la protection des oiseaux notamment.


Quel est le niveau sonore des éoliennes actuelles ?
Les sources de bruit d’une éolienne moderne sont un souffle venant de la circulation du vent entre les pales et le bruit émis lorsqu’elles passent devant le mât. Ces sons sont généralement couverts par le bruit du vent lui-même. Au niveau du rotor, le bruit est proche de 100 décibels, au pied d’une éolienne, il s’élève à 55 décibels. À 500 mètres, le bruit généré par la machine atteint 35 décibels… Soit le niveau sonore d’une conversation à voix basse ! Quant aux infrasons produits par les éoliennes, il a été scientifiquement prouvé qu’ils n’ont aucun impact sur la santé.
La France dispose de la législation la plus stricte en Europe, en matière de bruit. La réglementation s’appuie sur un indicateur d’émergence qui impose au parc de ne pas générer un niveau de bruit supérieur de 5 décibels (3 la nuit) au niveau de bruit existant avant son implantation. Les études des acousticiens, qui interviennent lors du montage d’un projet de parc, sont validées par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales qui impose, en pratique, une distance de 500 mètres entre l’éolienne et la première habitation.

À quel prix est achetée l’électricité éolienne ?
Pour soutenir le développement de l’éolien, le gouvernement a fixé un tarif d’achat. Pour l’éolien terrestre, le tarif est de 8,2 centimes d’euros par kWh pendant les dix premières années de fonctionnement du parc, puis de 2,8 à 8,2 c€/kWh les cinq années suivantes selon le gisement éolien des sites. Pour l’éolien offshore, le tarif s’élève à 13 c€/kWh les dix premières années, puis de 3 à 13,3 c€/kWh selon les sites la décennie suivante. En comparaison, le kWh est vendu par EDF entre 6 et 13 c€/kWh aux particuliers, sans compter l’abonnement. EDF reporte sur la facture des consommateurs une partie du surcoût de cette électricité verte par rapport à celle produite par ses installations classiques. En 2004, ce surcoût représentait moins de 0,6 euro par habitant et par an.

L’énergie éolienne est-elle un atout pour l’industrie française ? 
L’éolien est un secteur économique en croissance rapide en France, avec de multiples activités : fabrication d’éoliennes, études, financement, construction, exploitation, maintenance des parcs éoliens… Côté industrie, Vergnet est le leader mondial de la fabrication d’aérogénérateurs de moyenne puissance (jusqu’à 275 kW). Plusieurs industriels français ont trouvé des débouchés nouveaux avec l’éolien : fabrication de roulements et couronnes (Rollix Defontaine), de générateurs (Leroy-Somer), de mâts (Sema), de pales (ATV), de câbles (Nexans), de multiplicateurs…
Près de cent cinquante sociétés interviennent désormais dans le montage de projets éoliens, les études techniques et environnementales, l’installation (génie civil, électricité) des parcs éoliens ou la maintenance des machines. Ce sont parfois des entreprises indépendantes mais le plus souvent des filiales de groupes travaillant dans le secteur de l’énergie, qu’ils soient français (EDF, Total, Cegelec..) ou étrangers. De nombreuses entreprises européennes spécialisées dans l’éolien ou les énergies renouvelables s’installent ainsi en France : allemandes, anglaises, espagnoles…

Quels sont les objectifs en France ?
Si la France a démarré avec du retard par rapport aux grands pays de l’éolien, la dynamique est désormais lancée : 1 635 MW étaient installés fin 2006. Pour atteindre 21 % d’électricité d’origine renouvelable en 2010, le gouvernement français affiche l’objectif d’installer 13 500 MW d’éoliennes d’ici à cette date, dont 1 000 MW en mer soit entre 5 000 et 7 000 éoliennes. Et après 2010 ? L’État a fixé un objectif de 17 000 MW pour 2015.














Tout comme le photovoltaïque, l’énergie produite grâce au vent peut soit être consommée et stockée dans des batteries, soit réinjectée sur le réseau électrique. Les différentes tailles d’éoliennes (de 6 mètres à 50 mètres) permettent des applications à la fois pour le particulier mais aussi pour des entreprises ou des collectivités.


Il existe deux types d'éoliennes
  • eoliennes à axe vertical : 
  • eoliennes à axe horizontal
Avantages de l’éolien:
  • Pas de coûts de  raccordement au réseau électrique en cas de sites isolés 
  • Les KWh produits grâce à l’énergie éolienne sont gratuits 
  • Gain à la revente de l’électricité (8,2 cteuros le kWh)
  • Aides à l’investissement


mardi 13 octobre 2009

La Biomasse






Comprend trois familles principales :
- Les bois énergie ou biomasse solide
- Le biogaz
- Les biocarburants
Ce sont tous des matériaux d’origine biologique employés comme combustibles pour la production de chaleur, d’électricité ou de carburants.



1.Le bois énergie, biomasse solide





Qu’est-ce que la biomasse solide ?

La biomasse solide représente les matériaux d’origine biologique qui peuvent être employés comme combustible pour la production de chaleur ou d’électricité. Ce sont principalement les ressources ligneuses (à base de lignine) d’origine forestière, agricole ou urbaine, aussi appelées bois-énergie : le bois bûche, les granulés de bois, les déchets de bois sous forme de plaquette ou de sciure… Ce sont aussi les matières organiques telles que la paille, les résidus de récoltes et les matières animales. Enfin, les liqueurs noires, issues de l’industrie papetière, et les déchets urbains solides renouvelables sont aussi considérés comme biomasse solide.

D’où provient la biomasse solide ?

Le combustible provient d’origines très variées. De la forêt d’abord, avec le traitement des rémanents, du bois d’éclaircie ou d’élagage. Toutes les essences d’arbre peuvent convenir, feuillus ou résineux. Les peuplements non forestiers comme les parcs, les jardins, les bords de routes et les haies bocagères fournissent aussi du combustible. L’industrie du bois rejette des sous-produits à chaque transformation de ses matériaux. Sciure, écorce, copeaux et chutes de découpe sont valorisées dans les industries de trituration (pâte à papier, panneaux de particules) mais aussi dans les chaufferies. Les déchets d’emballage bois peuvent aussi être utilisés, à savoir les cagettes et palettes broyées. L’agriculture et le secteur agroalimentaire fournissent des matières organiques cultivées à cette fin (céréales) ou des résidus (balles de riz, coquilles de noix…) utilisés pour la production d’énergie.



Sous quelle forme est valorisée l’énergie ?

La biomasse solide se prête mieux à la production de chaleur pour le chauffage, la production de vapeur pour des procédés industriels, le séchage… Il est aussi possible de produire de l’électricité, revendue sur le réseau : la vapeur produite fait tourner des turbines qui génèrent du courant. Toutefois, la production d’électricité seule à partir de biomasse solide présente un rendement faible. Aussi, la cogénération est-elle principalement utilisée pour produire de l’électricité en plus de la chaleur.



L’utilisation de la biomasse contribue-t-elle à l’effet de serre ?

Durant sa croissance, la biomasse doit consommer une grande quantité de dioxyde de carbone. Ce dioxyde sera ensuite libéré dans l’air quand le bois se décomposera ou lors de sa combustion. Le gaz sera alors de nouveau absorbé par la biomasse. Il y a donc un équilibre, et l’impact est neutre sur l’effet de serre, contrairement aux énergies fossiles qui libèrent de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère. Un stère de bois consommé évite l’émission de 180 kg de CO2 qui auraient été produits par une énergie fossile. Pour une tonne de plaquettes, ce sont 500 kg de CO2 et 700 kg pour une tonne de granulés. Quant aux poussières, les progrès techniques des nouveaux appareils permettent de réduire leur quantité.



Renouvelable, le bois ?

Il faut tordre le cou aux idées reçues : oui, le bois est une énergie renouvelable. Comme dans la plupart des pays européens, la surface boisée française augmente d’année en année. Et le prélèvement forestier reste inférieur à l’accroissement naturel de la forêt. Le développement de la filière biomasse solide ne contribue donc pas à la déforestation. Et, comparé aux énergies fossiles, la durée de reconstitution du bois est de loin la plus rapide : de 15 à 200 ans contre 250 à 300 millions d’années pour le charbon, et 100 à 450 millions d’années pour le pétrole.



Quelles sont les différentes formes du combustible ?

Les bûches sont le combustible le plus utilisé par les particuliers. Elles sont conditionnées en rondins ou en quartiers de 33 cm, 50 cm ou 1 m. L’unité de mesure est le stère qui correspond à un empilement de bûches sur 1 mètre cube, pour un contenu énergétique de 1 500 à 2 000 kWh. Du côté des sous-produits de l’industrie du bois, on retrouve les écorces utilisées dans les grandes chaufferies pour alimenter les réseaux de chaleur ou en autoconsommation pour les scieries. Les sciures sont aussi valorisées énergétiquement sur place ou compressées sous forme de granulés pour les poêles ou chaudières automatiques. Les plaquettes résultent du broyage et de la compression des dosses et délignures, des nez de sapin et de la chute de découpes. Même principe pour les briquettes ou bûchettes reconstituées, à base de copeaux et de sciure, elles sont utilisées pour les cheminées ouvertes, les inserts, les foyers fermés, les chaudières, les poêles et les grosses chaudières automatiques. Le bois de rebut est broyé, déferraillé puis criblé avant d’alimenter les grosses chaudières. La paille et les résidus de récolte peuvent être présentés sous forme de granulés.

Quel bois faut-il brûler ?

De manière générale, il faut utiliser un bois de qualité pour obtenir la meilleure combustion possible. Le bois humide est à bannir comme le bois traité ou enduit de vernis qui engendre des émissions toxiques. Pour plus de lisibilité et assurer un combustible de qualité, la marque “NF Bois de chauffage” garantie des bûches d’une même catégorie d’essence, un taux d’humidité maximum, une longueur de bûche et une quantité de livraison fixée.



Où se fournir en combustible ?

Il existe plus d’une quarantaine de sociétés d’approvisionnement (une liste est disponible sur le site www.biomasse-normandie.org). Elles rassemblent souvent plusieurs acteurs de la filière qui se structurent localement ou régionalement depuis une dizaine d’années sous l’impulsion des associations interprofessionnelles, ou lors d’un projet local de chaufferie à forte consommation par exemple. Ces regroupements de sociétés assurent la sécurité de l’approvisionnement. Le contrat d’approvisionnement, signé à moyen terme, assure la qualité du combustible fourni. Certaines régions sont plus en avance que d’autres dans la structuration de l’approvisionnement : Rhône-Alpes, Franche-Comté, Normandie, Pays-de-la-Loire, Centre, Nord-Pas-de-Calais… Pour le bois bûche, la situation est différente : il y a beaucoup d’autoapprovisionnements et les achats se font essentiellement en vente directe, du producteur au consommateur.



Qui consomme la biomasse solide ?

La biomasse solide s’adresse à trois types d’utilisateurs qui utilisent une large palette d’appareils de chauffage. Pour l’usage domestique des particuliers, on retrouve les cheminées, les inserts, les foyers fermés, les poêles à bûches, à granulés, à accumulation, les poêles-cheminées, les cuisinières, les chaudières à bûches, à granulés ou les chaudières automatiques. Ces dernières sont les plus performantes. Dernière nouveauté, la machine à cogénération domestique, alimentée aux granulés de bois, permet de produire de l’électricité et de la chaleur. Pour les entreprises, ce sont essentiellement les acteurs des filières de la forêt, de l’agriculture et des déchets qui se lancent pour valoriser des sous-produits. Elles optent plutôt pour des grosses chaudières automatiques, des réseaux de chaleurs, des systèmes de cogénération mais aussi des poêles d’atelier. Du côté des collectivités enfin, la part belle est faite aux chaudières automatiques, avec ou sans réseaux de chaleur.



Qu’est ce que la charte “Flamme verte” ?

Signée en 2000, sous l’impulsion de l’Ademe et de constructeurs d’appareils de chauffage domestique, la charte qualité “Flamme verte” a pour objectif principal de promouvoir des appareils de chauffage modernes et plus performants sur le plan énergétique et environnemental. Le label s’applique aux inserts, foyers fermés, poêles et chaudières de puissance inférieure ou égale à 70 kW, alimentés par un combustible sous forme de bûches, plaquettes ou granulés. Pour obtenir le label “Flamme verte”, les appareils doivent afficher un rendement de 70 % et respecter les normes européennes en vigueur en matière d’émissions polluantes.



Comment fonctionne une chaufferie automatique ?

Fini le temps où il fallait mettre une bûche toutes les heures dans la chaudière. Aujourd’hui, l’approvisionnement est programmé et automatique. Le combustible est stocké dans un silo de plusieurs mètres cubes, généralement enterré pour une meilleure intégration dans le paysage. L’autonomie du silo varie d’une semaine pour les grosses chaufferies collectives à plusieurs mois pour les chaufferies individuelles. La chaudière est alimentée via un tapis roulant pour le combustible grossier type écorces, ou par une vis sans fin pour du combustible homogène type plaquettes. Les cendres du foyer sont récupérées et versées dans un conteneur à vider une fois par semaine en général. Des filtres permettent un dépoussiérage efficace des fumées. Puissance, alimentation, combustion, décendrage et extraction des fumées sont contrôlés et optimisés grâce à la régulation électronique.



De quelles aides la biomasse solide bénéficie-t-elle ?

Pour les particuliers, l’achat d’un appareil de chauffage fonctionnant au bois, ou avec un autre type de biomasse, ouvre droit à un crédit d’impôt de 50 % sur le prix de l’équipement, à condition qu’il soit installé par l’entreprise qui le fournit. La TVA est réduite à 5,5 % pour les produits agglomérés de la sylviculture, les déchets bois destinés au chauffage pour un usage domestique, l’installation d’équipements de chauffage bois-énergie, sous certaines conditions, les contrats de maintenance, d’entretien et d’exploitation. L’Agence nationale d’amélioration de l’habitat (Anah) propose aussi des subventions conséquentes, en fonctions des ressources, pour les propriétaires d’appareils “Flamme verte”. Selon les régions, les départements, des aides supplémentaires peuvent être allouées. Les projets des collectivités locales ou des entreprises et la mise en place de réseaux d’approvisionnement peuvent être financés en partie par l’Ademe. Les réseaux de chaleur d’origine renouvelable bénéficient d’une TVA à 5,5 %.



La biomasse solide est-elle rentable ?

Pour comparer le prix de revient de la biomasse solide à une autre énergie, il faut s’intéresser au prix des combustibles, à l’amortissement de l’investissement pour l’équipement, aux frais d’exploitation, aux taxes, au rendement... Une comparaison qui n’est pas toujours facile à établir. Toutefois, on peut estimer qu’en moyenne le coût du combustible bois est deux à trois fois moins cher que le gaz ou le fioul. Et, valeur sûre, il est insensible aux variations des monnaies et du cours du pétrole. L’investissement est au départ 4 à 5 fois plus élevé que pour une chaudière gaz ou fioul. Selon, les cas et le niveau de subvention, le retour sur investissement est de 7 ans en moyenne alors que la durée de vie d’une chaudière est de 20 ans.



La filière est-elle créatrice d’emploi ?

Pour une même quantité d’énergie consommée, le bois demande 2 à 4 fois plus de main-d’œuvre que les énergies fossiles comme le fioul ou le gaz. Et, aspect non négligeable, il génère des emplois locaux. Par exemple, l’alimentation d’une chaufferie de 1 000 logements nécessite 4 emplois à plein temps pour la collecte et le tri des déchets du bois, pour l’exploitation forestière, le conditionnement, le transport, le stockage, la gestion de l’approvisionnement et l’exploitation des chaufferies. Autant de métiers à développer.



Quels sont les obstacles au développement du bois-énergie ?

Malgré son intérêt, la biomasse solide est confrontée à divers obstacles. Les coûts d’équipement et les frais d’exploitation sont encore élevés par rapport aux autres combustibles fossiles. Et malgré les innovations technologiques et les performances, le chauffage au bois garde toujours une image vieillotte d’énergie du passée, perçue   – à tort – comme une énergie épuisable et polluante. En outre, il faut s’assurer de la régularité de l’approvisionnement et veiller à utiliser la ressource locale de façon à ne pas transporter le combustible sur de longues distances.



Quel est le potentiel de la biomasse solide en France ?

Aujourd’hui, près de 10 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) de biomasse sont utilisées pour la valorisation énergétique. Or, du fait de la faible performance du parc d’équipements français, cette consommation ne génère qu’une production de 5 Mtep d’énergie utile. Selon l’institut des bioénergies Itebe, les voies à développer sont la cogénération et les chaudières très performantes, qui permettent d’obtenir des rendements de 70 à 85 %. À l’avenir, le potentiel de ressource en biomasse mobilisable pour une valorisation énergétique est de l’ordre de 20 Mtep, et le besoin énergétique total français s’élève à 100 Mtep. Selon l’option d’efficacité choisie, la biomasse pourrait donc couvrir jusqu’à 16 % des besoins français d’électricité et de chaleur.






2.Biogaz : ce qu’il faut savoir

Mélange de méthane et de gaz carbonique, le biogaz peut être produit par de multiples sources et servir aussi bien pour la production de chaleur et d’électricité, que comme carburant.  Questions-réponses pour tout savoir sur une énergie mal connue.

Qu’appelle-t-on biogaz ?

Le biogaz est un gaz combustible, mélange de méthane et de gaz carbonique, additionné de quelques autres composants. Le préfixe bio (vivant) indique sa provenance : les matières organiques, qui libèrent le biogaz lors de leur décomposition selon un processus de fermentation. On l’appelle aussi gaz naturel “renouvelable”, par opposition au gaz naturel d’origine fossile. Le biogaz se nomme encore “gaz de marais”, au fond duquel se décomposent des matières végétales et animales. C’est également du biogaz qui est à l’origine des feux follets des cimetières ou de l’embrasement spontané des décharges non contrôlées.

Où est-il produit ?

Dans tous les endroits où sont stockés et accumulés des déchets fermentescibles totalement ou partiellement privés d’aération continue. Il s’agit des centres de stockage des déchets, des stations d’épuration des eaux (production de boues) et des digesteurs à fermentation de déchets organiques. Ces équipements, appelés aussi méthaniseurs, valorisent les déchets ménagers organiques triés, les effluents agricoles (déjections animales) ou ceux des industries agroalimentaires et papetières. Les méthaniseurs sont installés la plupart du temps sur les sites mêmes de production de ces effluents ou boues.

Quelles sont ses caractéristiques ?

À température et pression ambiante, le biogaz se présente sous forme gazeuse. Chimiquement, il se compose principalement de méthane (environ deux tiers de l’ensemble) et d’un tiers de gaz carbonique. D’autres substances sont aussi présentes sous forme de traces – eau, azote, soufre, oxygène, éléments  organo-halogénés –, qui le rendent moins pur et plus corrosif que le gaz naturel fossile. Enfin, la composition du biogaz varie en fonction de la nature des déchets et des conditions de fermentation.

Qu’est-ce que la fermentation ?

La fermentation est un phénomène de dégradation des substances organiques. Quand la fermentation se déroule en présence d’air, on la qualifie d’“aérobie”. Exemple bien connu : le compostage. En l’absence d’air, donc d’oxygène, la fermentation est dite “anaérobie”. On parle alors de méthanisation. Naturelle ou contrôlée, elle met en jeu des bactéries qui contribuent à produire notamment du méthane, du gaz carbonique et de l’hydrogène sulfuré (responsable des mauvaises odeurs). En pratique, on peut rendre la fermentation efficace à 95 % à l’aide de méthaniseurs, c’est-à-dire des enceintes fermées, dans lesquelles les déchets sont homogénéisés mécaniquement et ensemencés avec des micro-organismes appropriés.

Comment récupérer le gaz des décharges ?

Dans les décharges, appelées centres de stockage des déchets, les ordures compactées sont déposées dans des fosses, dites casiers, puis recouvertes de plusieurs mètres de terre. La fermentation se produit en sous-sol durant vingt-cinq ans. Le biogaz formé est capté en continu par un système de drains horizontaux enterrés et de puits verticaux. Pour une meilleure maîtrise de la production du biogaz, un nouveau concept de bioréacteur consiste à produire du gaz dans des casiers étanches, avec réinjection du lixiviat, le “jus” issu de la dégradation des déchets. Après une vingtaine d’années d’exploitation, les centres de stockage des déchets sont réhabilités, avec aménagement paysager. Le site est soumis à surveillance pendant trente ans.

Comment le biogaz est-il valorisé ?

Le biogaz est l’une des seules énergies renouvelables à pouvoir être transformée en toute forme d’énergie utile. Il peut être brûlé dans une chaudière pour produire de la chaleur sous forme d’eau chaude ou de vapeur, voire d’air chaud pour les applications de séchage. En général, la valorisation thermique nécessite des débouchés de proximité. Le biogaz peut aussi alimenter un moteur à gaz ou une turbine pour produire de l’électricité injectée dans le réseau électrique , c’est le cas du biogaz de décharge notamment. La cogénération est très souvent utilisée dans les stations d’épuration urbaines, les unités de méthanisation de déchets solides et les unités agricoles. D’autres modes de valorisation sont en cours de développement : le biogaz carburant, l’injection dans le réseau de gaz naturel, mais aussi la production de froid par une machine à absorption à gaz, voire la production d’électricité avec une pile à combustible.

Combien d’énergie en tire-t-on ?

L’énergie du biogaz provient de son principal composant, le méthane. Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) du méthane, c’est-à-dire la quantité de chaleur produite par la combustion, est de 9,42 kWh/m3, à 15 °C, et pour une pression atmosphérique normale. Selon les filières de production et les matières organiques utilisées, la proportion du méthane varie. Un biogaz à 65 % de méthane présentera donc un PCI de 9,42 x 0,65, soit 6,1 kWh/m3. Par comparaison, le gaz naturel est constitué de 96 % de méthane. Avec un processus optimisé, environ 500 m3 de biogaz sont extraits par tonne de matière organique traitée.

Faut-il cultiver des plantes pour les méthaniser ?

Dans la plupart des applications, la production de biogaz intervient pour améliorer l’efficacité environnementale du traitement des déchets. Toutefois, il est aussi possible de produire du biogaz à partir de cultures énergétiques dédiées, telles que le maïs, la betterave, les plantes herbacées, le sorgho… En France, les tarifs d’achat de l’électricité issue du biogaz ne sont actuellement pas favorables à cette voie. Contrairement à l’Allemagne, la France n’a pas prévu de tarif spécifique ni de primes pour les cultures énergétiques.

La taille des installations ?

Il existe des unités de méthanisation
de toute taille. Un petit digesteur agricole installé dans une ferme sera de l’ordre d’une centaine de mètres cubes. À l’opposé, des grandes installations qui traitent les boues de grandes agglomérations pourront atteindre plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes.

Qu’est ce qu’un digesteur familial ?

Des dizaines de millions de digesteurs familiaux sont utilisés en Asie et en Afrique. Alimentés quotidiennement, ces systèmes rudimentaires d’une dizaine de mètres cubes produisent du biogaz et permettent aux foyers ruraux de répondre à leurs besoins énergétiques de base, cuisson et éclairage, quand ils fonctionnent en cogénération.

La réglementation favorise-t-elle le biogaz ?

Elle n’a jamais été aussi favorable ! En juillet 2006, le gouvernement français a adopté un nouveau tarif d’achat majoré de 50 % pour l’électricité issue du biogaz. Ce tarif oscille entre 7,5 c€/kWh et 14 c€/kWh dans le meilleur des cas. Une prime d’efficacité de 3 c€/kWh incite les producteurs à valoriser la chaleur cogénérée. Ces tarifs sont similaires à ceux pratiqués en Allemagne, où on comptait 3 500 unités fin 2006, dont 550 MWe installées dans l’année, soit 50 centrales par mois. Avec ces nouvelles dispositions, la France se donne les moyens d’atteindre l’objectif de 250 MW pour 2015, fixé par la programmation pluriannuelle des investissements.

Que devient le digestat ?

Le digestat est la matière extraite en sortie du digesteur après fermentation et extraction du biogaz. Il ne dégage pas d’odeur et se présente sous forme de compost ou d’effluent liquide. Après un éventuel traitement, le digestat pourra être épandu pour fertiliser les terres agricoles.

Du biogaz dans le réseau de gaz naturel ?

C’est possible. Les Pays-Bas, la Suède, l’Autriche, la Suisse ou encore l’Allemagne injectent d’ores et déjà du biogaz dans leur réseau après purification et compression. En France, les premières tentatives d’injection n’ont pas abouti, notamment l’unité installée à Montech, dans le Lot-et-Garonne, qui n’a jamais obtenu l’autorisation d’injecter le biogaz dans le réseau de gaz naturel (dit aussi gaz de ville). En cause, la qualité du biogaz. Mais le vent pourrait tourner : fin 2006, le gouvernement a demandé à l’Afsset (Agence française de la sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) de procéder à une évaluation des risques sanitaires liés à l’injection. Le groupe de travail doit rendre ses conclusions fin 2007. La communauté urbaine de Lille espère obtenir une autorisation d’injecter du biogaz dans le réseau mi-2008.

Fait-il un bon carburant ?

Selon l’institut allemand Wuppertal, jusqu’à 20 % des carburants fossiles pour le transport terrestre pourraient être remplacés par du biogaz. Pour qu’il puisse être valorisé comme carburant, le biogaz doit subir plusieurs traitements afin d’obtenir la même qualité que le gaz naturel pour véhicules (GNV) : épuration, concentration pour obtenir 96 % de méthane, compression… Du fait de ses conditions de distribution, le biogaz carburant a d’abord intéressé les flottes captives : plusieurs dizaines de véhicules utilitaires (bus, bennes à ordures…) fonctionnent d’ores et déjà au biogaz principalement en Suède. Les particuliers peuvent aussi rouler au biogaz, en Suisse notamment où l’industrie gazière et les producteurs de biogaz ont signé une convention qui prévoit l’obligation pour les stations services de GNV de délivrer au moins 10 % de biogaz.

Roule-t-on au biogaz en France ?

Il n’y a pas de système de soutien pour la production de ce biocarburant en France. Toutefois, la communauté urbaine de Lille, pionnière en la matière, a commencé à expérimenter des bus au biogaz dès 1994, avec la station d’épuration de Marquette. Celle-ci est aujourd’hui en cours de rénovation, et plus aucun véhicule ne fonctionne au biogaz. Une nouvelle unité capable d’alimenter dix bus sera opérationnelle en mars 2008. De plus, un nouveau centre de valorisation des déchets à Loos-Sequedin, qui sera mis en service mi-2007, va produire une quantité de biogaz équivalente à 4,5 millions de litres de gasoil par an. De quoi alimenter 100 bus lillois à terme. En 2006, la communauté urbaine de Lille a pris la tête du projet européen BiogasMax, qui rassemble 28 partenaires et doit démontrer la fiabilité technique et la performance économique de la filière biogaz carburant.

Quel impact sur l’effet de serre ?

Nos sociétés de consommation génèrent de telles quantités de déchets que la nature ne peut seule “recycler” les tonnages de biogaz produits. Or le biogaz est composé pour deux tiers de méthane, un gaz qui engendre un effet de serre 21 fois plus puissant que le CO2. Il est donc primordial de le récupérer, une action à la fois dépolluante et génératrice d’énergie. Sur les sites où il n’est pas valorisé, le biogaz doit être brûlé en torchère et il est alors moins polluant que s’il s’échappe directement dans l’atmosphère.


3.Les biocarburants

Qu’est-ce qu’un biocarburant ?

Les biocarburants, parfois appelés agrocarburants, sont issus de la biomasse. Il existe principalement deux filières industrielles : l’éthanol et le biodiesel. Ils peuvent être utilisés purs comme au Brésil (éthanol) ou en Allemagne (biodiesel), ou comme additifs aux carburants classiques. La France a d’abord opté pour cette dernière solution, mais autorise depuis 2006 un pourcentage plus élevé d’éthanol en mélange (E85 = jusque 85 % d’éthanol dans le réservoir).

L’éthanol est le premier carburant d’origine végétale à avoir été utilisé. Il s’agit d’un alcool éthylique résultant de la fermentation de sucre ou hydrolyse de l’amidon, et d’une distillation. Il est produit en France à 70 % à partir de la betterave, et à 30 % à partir de céréales. Il peut être utilisé en mélange direct dans l’essence, mais le choix fait par les pétroliers jusqu’en 2006 pour lui donner des propriétés plus adaptées à leur outil industriel consistait à le faire réagir avec de l’isobutylène, un dérivé du pétrole. Il forme alors l’ETBE (éthyl-tertio-butyl-éther), composé de 47 % de bio-éthanol et 53 % d’isobutylène. L’ETBE et l’éthanol pur se rencontrent maintenant tous deux dans les mélanges à la pompe.

Le biodiesel est connu en France sous son nom de marque Diester et est issu des graines oléagineuses (colza, tournesol). Après pressage et raffinage des graines, l’huile est mélangée avec du méthanol, afin de lui donner des propriétés proches du gazole (viscosité, stabilité, etc.). La réaction de 90 % d’huile avec 10 % de méthanol donne 10 % de glycérine et 90 % d’ester méthylique d’huiles végétales (EMHV), plus communément appelé biodiesel.

Depuis quand sont-ils utilisés ?

Les biocarburants n’ont pas pour vocation de se substituer entièrement aux carburants d’origine fossile, mais contribuent à la recherche de solutions alternatives. Dès 1974, les États-Unis et le Brésil se sont engagés dans la production de bioéthanol comme carburant. La survenue des biocarburants en Europe a été plus tardive.
Depuis 1987, la France autorise la fabrication de biocarburants destinés à être incorporés aux carburants et au fioul domestique. En 1992, un régime fiscal a été mis en place pour aider au développement de la filière : il consiste en une exonération partielle de la TIPP, la taxe intérieure sur les produits pétroliers, devenue depuis la taxe intérieure de consommation.
Dans la limite de la réglementation, les distributeurs ne sont pas tenus de spécifier la présence ou non de biocarburants à la pompe. D’où le fait que l’automobiliste français ignore généralement leur existence.

Quels sont les objectifs fixés ?

Selon les directives européennes votées en 2003, les biocarburants devront participer à hauteur de 5,75 % dans l’approvisionnement énergétique des transports terrestre en 2010. Début 2007, l’Union européenne s’est fixé un objectif de 10 % pour 2020. En France, le gouvernement vise un objectif d’incorporation des biocarburants de 5,75 % pour 2008, 7 % en 2010 et 10 % en 2015.

Quelles sont les quantités produites ?

Le développement est exponentiel. La production mondiale d’éthanol s’élevait en 2005 à 27 millions de tonnes réparties entre plusieurs pays : Brésil et États-Unis principalement, mais aussi la Chine, l’Inde, la Russie… L’Europe (voir baromètre) en a produit pour sa part 679 000 tonnes en 2005 et 1 185 000 tonnes en 2006. L'Espagne et l'Allemagne sont les deux plus gros producteurs, suivi par la France.
Pour le biodiesel, la production de l’Europe a atteint 3 184 000 tonnes en 2005 et devrait dépasser les 4 500 000 tonnes en 2006. L'Allemagne est de loin le plus grand pays producteur, suivie par la France. Dans le reste du monde, la filière est peu développée, mais les pays producteurs d’oléagineux se lancent : les États-Unis et le Brésil, et à plus récemment l’Argentine, le Chili, l’Afrique du Sud, l’Australie, la Malaisie ou l’Indonésie.

Quelle quantité de biocarburant est produite en France ?

En 2006, la France a produit, 650 000 tonnes de biodiesel, principalement tiré du colza. Premier producteur français et européen, Diester Industrie possède des usines situées à Grand-Couronne (Seine-Maritime), Venette (Oise), Sète (Hérault) et Boussens (Haute-Garonne), auxquels devraient s’ajouter en 2007 et 2008 les sites de Mériot (Aube), Montoir Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Coudekerque (Nord) et Bordeaux/Bassens (Gironde). La société Ineos exploite une unité située à Verdun (Meuse). Des usines supplémentaires seront installées à Chargny-sur-Meuse (dans la Meuse, société Progilor), Dunkerque (Nord, Daudruy et Total), Montoir (Loire-Atlantique, Airas), Cornillé (Ille-et-Vilaine, SCA), Lisieux (Calvados, Saria/Bionerval), Limay (Yvelines, Sarp), Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône, Biocar), Chalandray (Charente-Maritime, COC) et La Pallice (Charente-Maritime, Sica/Valagro).
La production d’éthanol avoisine, quant à elle, les 234 000 tonnes, produites par une vingtaine d’unités. Les dernières usines mises en service ou en cours de construction sont situées à Lillebonne (Seine-Maritime, Tereos), Origny (Aisne, Tereos), Nogent-sur-Seine (Aube, Soufflet), Beinhem (Bas-Rhin, Roquette) et Bazancourt (Marne, Cristanol). L’éthanol est transformé en ETBE dans des unités situées à Feyzin (Rhône, Total), au Havre et à Dunkerque (Total + producteurs d’alcool et agriculteurs) ainsi qu’à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône, Lyondell). Une prochaine unité, installée par Abengoa, sera bientôt mise en service en 2007 à Lacq.

Est-ce qu’ils polluent moins ?

Au vu des progrès réalisés par les motoristes en matière de pollution, il est désormais admis que les biocarburants ne diminuent pas sensiblement les pollutions locales. Mais le bilan environnemental au niveau du pot d’échappement (sans prendre en compte tout le processus industriel de production) est globalement positif.
Les biocarburants contiennent de l’oxygène, qui assure une meilleure combustion et diminue le rejet d’hydrocarbures imbrûlés. Ainsi, le biodiesel (à 30 %) comme l’ETBE (à 12 %) permettent de réduire de 11 % à 14 % les rejets de monoxyde de carbone. Le biodiesel permet une diminution de l’ordre de 20 % des particules et fumées noires. Pour l’oxyde d’azote, le bilan est pratiquement nul, voir négatif (+ 8 % avec le biodiesel). La combustion d’éthanol et de biodiesel entraîne en outre une légère augmentation d’émission d’aldéhydes, un composé toxique. Problème que permet de maîtriser le pot catalytique.
Mais le gain environnemental le plus net se situe au niveau du dioxyde de carbone (CO2), qui contribue à l’effet de serre et au réchauffement de la planète. S’agissant d’énergies renouvelables, le rejet de CO2 est nul : au cours de leur croissance, les plantes absorbent le CO2 qui sera rejeté par la combustion du carburant. Ainsi, d’après les calculs de la Mission Interministérielle de lutte contre l’effet de serre (MIES) une tonne de biodiesel permet d’économiser 2,1 tonnes de CO2 et une tonne d’éthanol, 1,4 tonne de CO2. 1 % d’utilisation de biocarburants permet d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 1 million de tonnes de CO2. À supposer que l’objectif des 5,75 % soit atteint en 2010, près de 6 millions de tonnes CO2 seraient évitées. Peu en regard des émissions du secteur transports, mais intéressant pour un secteur qui cherche à diminuer ses rejets par tous les moyens.

Quel bilan énergétique ?

Différentes études menées sur le sujet ont abouti à des résultats assez divergents. Ainsi, une étude de l’Ademe datant de décembre 2002, indique que le rendement énergétique (énergie restituée par rapport à l’énergie consommée pour la production d’un élément) pour les filières de production d’éthanol de blé et de betterave est de 2, à comparer avec le rendement de 0,87 pour la filière essence. Le bilan de la filière ETBE est voisin de 1 contre 0,76 pour la filière MTBE (Méthil-tertio-butyl-éther, tiré du méthane, que l’ETBE remplace dans l’essence). Le rendement est de 4,7 pour l’huile de colza, de 5,5 pour l’huile de tournesol et de près de 3 pour le biodiesel contre un rendement de 0,9 pour le gazole. Dans une étude commandée par l’Union Européenne en 2004 (Concawe), utilisant une méthode de calcul différente, les résultats affichés sont moins bons (rendement de 1,19 pour l’éthanol, 1,28 pour l’éthanol de betterave et 2,5 pour le biodiesel) mais le bilan énergétique reste positif. Au final, les biocarburants fournissent plus d’énergie équivalent pétrole qu’ils n’en consomment tout au long de la chaîne de production, de la culture et de la transformation de la biomasse. Des améliorations de l’efficacité énergétique des unités de production devraient permettre d’augmenter le rendement. Mais c’est avec les carburants de seconde génération (lire ci-dessous) que les biocarburants atteindront un bilan énergétique réellement intéressant.

Les moteurs sont-ils adaptés aux biocarburants ?

Selon la réglementation européennes, les biocarburants peuvent être utilisés en mélange à hauteur maximum de 5 % de biodiesel dans le gazole et de 5 % d’éthanol ou 15 % d’ETBE dans l’essence. Ceci, sans aucune modification des moteurs. L’ETBE remplace avantageusement le plomb supprimé des essences pour leur conserver un bon indice d’octane (l’octane mesure la résistance à l’auto-inflammation du carburant). Quant au gazole, il exige un bon indice de cétane (mesure la rapidité d’inflammation du carburant), celui du biodiesel est justement supérieur à l’indice du gazole. Des discussions sont en cours entre le secteur pétrolier, les constructeurs automobiles et les pouvoirs publics pour faire passer le plafond d’incorporation de 5 à 10 % (20 % pour l’ETBE). Certaines flottes captives, comme des voitures d’entreprises publiques, ont l'autorisation de mélanger le biodiesel jusqu’à 30 % dans le gazole. Mais au-delà de 30 %, le moteur a besoin de réglages spécifiques. Pour l’incorporation d’une forte part d’éthanol, les constructeurs ont conçu et optimisé des véhicules dits « flex-fuel », qui utilisent indifféremment de l’essence normale ou de l’éthanol (jusqu’à 85 % en Europe). Depuis 2006, cette voie est fortement soutenue par le gouvernement en France.


Quels sont les nouveaux types de biocarburants ?

Pour atteindre les objectifs d’incorporation fixés, de nouvelles filières de production de biocarburants apparaissent aujourd’hui :
> l’ester éthylique d’huile végétale (EEHV) : ce biodiesel diffère de l’EMHV car il utilise de l’éthanol au lieu du méthanol pour la synthèse de l’ester. Cette filière présente l’avantage d’ouvrir un débouché pour l’éthanol dans le gazole, carburant fortement demandé sur le marché européen.
> l’ester méthylique d’huile animale (EMHA) : ce biodiesel a un potentiel limité mais qui peut s’avérer pertinent dans certains contextes locaux (valorisation de déchets).
> le diesel de synthèse : il est issu du traitement à l’hydrogène des huiles végétales.
Le biogaz peut aussi être utilisé comme biocarburant (lire la fiche Biogaz).

Peut-on utiliser l’huile végétale pure comme carburant ?

La filière est en phase d’expérimentation en France. Depuis le 1er janvier 2007, la commercialisation et l’utilisation d’huile végétale brute est autorisée comme carburant pur ou en mélange pour les agriculteurs, les pêcheurs et les collectivités territoriales sous protocole. Avantages : c’est une filière courte car la production s’effectue en intégralité dans une exploitation et le rendement 00énergétique est plus élevé que les biocarburants classiques. Reste que des modifications techniques sont nécessaires pour préserver les moteurs.

Qu’est ce que les biocarburants de seconde génération ?

Les chercheurs et les industriels travaillent aujourd’hui sur les carburants dits de seconde génération. Ces derniers sont produits à partir de tout ou partie des composants de la biomasse (lignine, cellulose, hémicelullose) et non pas uniquement des réserves énergétiques de la plante (amidon, huile). Avantages : des ressources supplémentaires (bois, paille, cultures dédiées, déchets végétaux), un coût des matières premières à priori faible, pas de compétition avec la filière alimentaire… Deux voies sont particulièrement prometteuses :
> la filière Biomass to liquid (BtL) consiste à gazéifier la biomasse à haute température. Le gaz de synthèse est ensuite transformé selon le procédé dit de Fisher-Tropsch en gazole de synthèse.
> La production de bioéthanol à partir de biomasse cellulosique nécessite des étapes pour déstructurer la matière cellulosique et de transformer la cellulose en glucose avant fermentation, distillation et purification de l’éthanol.